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Après avoir été sur le podium de la longévité en première division, le SECB descend de son piédestal et rejoint le championnat de deuxième division. Pour les supporters, c’est un coup de massue dont ils se remettront assez vite : la motivation renaît avec la perspective enfiévrée d’une nouvelle accession. Pour les observateurs, la D2 c’est ce qu’on appelle communément le purgatoire. Dans le cas de Bastia, l’image illustre parfaitement ce passage de funambule sur un fil ténu où l’équilibre, d’une extrême fragilité, peut rompre à tout moment pour faire basculer vers le paradis ou l’enfer. Le Sporting va caresser le premier et plonger dans le second…
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De la saison 85/86 à la saison 93/94, Bastia va naviguer dans les eaux troubles de la deuxième division avec, successivement, trois hommes à la barre : Roland Gransart le serein, René Exbrayat le combatif et Léonce Lavagne le téméraire. Dans une approche différente, ces capitaines aux tempéraments diamétralement opposés vont, chacun dans son style, préparer l’équipe bastiaise au renflouement vers les rives de l’élite. Ce n’est qu’à la faveur de la huitième saison de « purgatoire » que Bastia, qui évolue dans la première poule unique de D2, parvient à ses fins et gravit enfin l’ultime marche qui mène à l’élite grâce à une remarquable troisième place, dans la roue de Nice et Rennes. Jules Renard écrivait que le bonheur, c’était un peu le silence du malheur. Le Sporting a distillé du bonheur par brassées de saisons. Mais il suffira d’une petite poignée de secondes pour installer dans un stade devenu mythique le silence et le malheur. La plaie du 5 mai 1992 ne se refermera jamais. Ce soir-là, l’excitation est à son comble. Bastia sort des brumes anonymes de la deuxième division pour recevoir un grand du championnat de France, l’Olympique de Marseille. La qualité de l’adversaire et la magie de la Coupe créent un engouement hors du commun et toute la Corse du football, embrasée par l’événement, ne veut pas rater une miette de la prestigieuse affiche. Au lendemain de la catastrophe, les supporters parmi lesquels des blessés en convalescence, vont se mobiliser pour que leur club ne soit pas rayé de la carte du football. La Corse a si peu de sujets sur lesquels elle peut épancher sa fierté !
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