Après les trente-deuxièmes face au Sporting de Lisbonne, évoquons ce mois-ci les seizièmes de finale aller-retour face à Newcastle. Les bleus abordent ce tour très diminués car l’accumulation des matches commence à laisser des traces.
Retour au quotidien à Furiani.
Ogjan Petrovic, malade, met un terme à sa carrière. Yves Mariot, en délicatesse avec son tendon d’Achille, disparaît pour de longs mois. De quoi faire grimacer Pierre Cahuzac. Un homme qui a « fait » le GFCA et qui, dès son arrivée à Bastia, a mené le Sporting en finale de la Coupe de France, ne plie ni ne rompt. Il a pris l’habitude de faire avec ce qu’il a. Et il va faire avec. Sans se soucier de la carte de visite de ses joueurs.

Ainsi en va-t-il avec Dominique Vesir. Arrivé avec une flatteuse réputation de Saint-Étienne, il ne trouve pas grâce à ses yeux. Terrible, Cahuzac lui conseille même de changer de… métier en suivant de très près l’application mise par deux autres jeunes venus eux aussi du Forez dans le cadre du transfert de Zimako : Jean-François Larios et Félix Lacuesta au talent prometteur confirmé dès leur première apparition face aux Portugais.

Mais déjà Newcastle se profile à l’horizon. A Furiani, Cannel et les Anglais tirent les premiers. On redoute le pire pour le Sporting, mais à force de secouer le pommier adverse, Jean-Marie De Zerbi la surprise de Cahuzac, Félix, Rep, Guesdon et Orlanducci donnent l’occasion à Claude Papi et au SECB de signer, in extremis, leur troisième victoire consécutive en coupe d’Europe.

A Bastia on exulte. A travers toute l’île on se pince. Dans l’hexagone on doute. Match retour dans le nord de l’Angleterre. Le Sporting est encore plus décimé qu’à Furiani. Desvignes opéré d’un ménisque est hospitalisé. Franceschetti, en proie à des problèmes musculaires, est contraint au forfait. André Burkhard est victime d’une double fracture à une jambe. Mais Larios et Lacuesta sont là, De Zerbi est maintenu et Marc Weller confirmé à son poste de gardien. Titularisé aussi Didier Knayer. Sur le banc il y a encore Pierre Aussu, Dominique Murati, Joseph Graziani et Jean-Pierre Mattei.

Divine surprise au terme des quatre-vingt-dix minutes : cette formation que l’on avait présentée comme une équipe de troisième division améliorée réussit le superbe exploit d’être le premier ensemble français à triompher en Angleterre et De Zerbi et Rep, à deux reprises relayés par… Larios et Lacuesta, en sont les buteurs historiques.

Saint-James Park, qui dut attendre plus de vingt ans pour connaître la même mésaventure, en est tout retourné mais bien moins que les chaînes de télé nationale qui, absentes de cette nouvelle bataille d’Angleterre, se bornent à donner les images relatant pour la plupart la déroute des autres clubs français.
Qu’importe : l’avion qui ramène tout le monde à Poretta est attendu par 2 000 personnes.

 » Bastia peut envisager de gagner la coupe d’Europe  » affirme dans la nuit déjà fraîche de Newcastle Johnny Rep. Plus devin que Dragan, Johnny.
En tout cas, Cahuzac apprécie et même s’il clame haut et fort que ce succès constitue l’une des plus grandes joies de sa carrière, il tempère rapidement les ardeurs en rappelant que les miracles ne se produisent qu’une fois…