De Septembre 1968 à Avril 1986, le Sporting a signé son premier bail avec l’élite du football français. Dix-huit saisons avec des hauts et des bas, mais surtout deux finales de coupe de France dont une gagnée et le fabuleux parcours en coupe UEFA. Deuxième partie de ce parcours avec deux années qui resteront à jamais gravées dans toutes les mémoires, 1978 et 1981.

 

Si on le retrouve dans la mauvaise moitié du tableau (15ème) au terme de la saison 73-74, le Sporting retrouve de ses couleurs perdues les années suivantes.
Sixième en 74-75 (mais aussi champion de France de 3° division), puis huitième en 75-76, on attend la suite en espérant une confirmation. On ne sera pas déçu…

La saison 76-77 laissera un souvenir impérissable. Le Sporting rivalise, quand il ne les domine pas, avec les meilleurs. La vitesse et la vivacité de Zimako, la puissance et l’opportunisme de Felix, l’intelligence de jeu et la vista de Papi, la somme de tout ça ajoutée au talent et à la classe de Dzajic, font de l’attaque bastiaise la plus performante du championnat (82 buts) !
Avec Petrovic, Orlanducci, Cazes, Luccini, Marchioni, Burkhardt… l’équipe repose aussi sur de solides bases derrière.
Mais cette année sera celle de Dzajic.

Presque décevant à ses débuts sous le maillot bleu, le Yougoslave va redevenir en quelques mois le joueur génial qui nous avait émerveillé un soir de match international à la télévision, peu avant de débarquer à Bastia.
S’il va accueillir encore bon nombre de grands du foothall dans ses rangs par la suite (Rep, Milla, Mlynarczyk, Risjbergen, Tarantini …), qu’on se souviendra longtemps de ces quelques autres venus d’ailleurs pour ce qu’ils ont fait de bien au club (Mekloufi, Ferrier, Zenier, Kanyan, Zimako, Pantelic, Heidkamp, Solsona, Broissart, Larios, Lacuesta, Drobnjak …), Dzajic occupe sans doute une place à part dans la mémoire collective.
Doté d’un pied gauche magique, véritable don de Dieu au service d’un sens du dribble hors du commun, le « Serpent de Belgrade » a enchanté toute une génération de supporters et rendu fous toute une génération de défenseurs ! On n’oubliera jamais ses numéros de soliste sur le côté, et la précision diabolique de ses coups de pied arrêtés. Entre autres chefs-d’oeuvre du maître : ce coup-franc exécuté face… au Libecciu un soir contre Saint-Etienne, même Platini n’en était pas revenu… Et bien sûr ce mémorable duel livré à son ami Pantelic, passé au PSG. Quatre, cinq, six, on ne sait plus trop au juste. Mais ce qui est certain, c’est que le dernier corner de cette incroyable série devait se loger dans la seconde lucarne, alors que pour la énième fois, le grand « Panto » était venu pour boxer le ballon devant la première !

Le Sporting finit sur le podium (3ème), son meilleur classement à ce jour à ce niveau, et se qualifie donc pour la coupe de l’UEFA. Une autre grande saison se prépare…

L’épopée européenne (77-78) reste un monument dans l’histoire du football national. On ne s’y attardera pas ici, puisque tout vous est conté dans le détail par ailleurs. Il est certain que le parcours en coupe d’Europe et la dynamique qu’il entraîne, favorisent les desseins de l’équipe en championnat. S’il rate une seconde qualification UEFA, le SECB n’en termine pas moins à une excellente cinquième place derrière Monaco, Nantes, Strasbourg et l’OM.

Les saisons suivantes sont bien moins faciles à vivre. Le SECB commence par rentrer dans le rang (14ème en 78-79), pour terminer juste aux limites (16ème) de la zone dangereuse l’année (79-80) d’après.

Le Sporting retrouve un rang (10ème) bien plus honorable, et surtout dispute la finale de la coupe de France à l’issue de la première saison de l’ère Redin. Arrivé de Nancy et précédé d’une belle réputation, Antoine Redin réussit donc au bout des premiers mois, un peu à la manière de Pierre Cahuzac. Vainqueurs du grand Saint-Etienne, les Bastiais s’ouvrent ainsi une nouvelle fois les portes de l’Europe.

Le SECB est éliminé par Tblisssi en 8ème de finale, après avoir éliminé Kotka au tour précédent. Il prend la 12ème place de ce championnat 81-82.
Comme durant les lendemains de la grande épopée de 78, le Sporting souffre la saison d’après (17ème en 82-83), remonte au classement (10ème en 83-84) et reperd à nouveau du terrain (14ème en 84-85) après un plutôt bon début de championnat.

Le suivant est en revanche complètement raté. Et pour cause…
Le stade de Furiani suspendu deux matches, le S.E.C.B. joue ses quatre premières rencontres à l’extérieur. Successivement battus par le PSG, Lens, Rennes et Nantes, les Bastiais s’inclinent aussi à Sochaux après avoir retrouvé leur pelouse et à peine repris goût à la victoire contre Toulon. Le bilan est donc largement négatif, et le SECB ne sera jamais plus en mesure de rattraper son lourd retard du début. Dernier de la classe 85-86, le Sporting est relégué en D2 après dix-huit saisons consécutives en D1.