De Septembre 1968 à Avril 1986, le Sporting a signé son premier bail avec l’élite du football français. Dix-huit saisons avec des hauts et des bas, mais surtout deux finales de coupe de France dont une gagnée et le fabuleux parcours en coupe UEFA. Ce premier épisode concerne la période jusqu’à la saison 72-73 avec une première participation à une coupe d’Europe.

C’est à Nice, début septembre 1968, que le SECB dispute son premier match en D1. Une rencontre historique donc, qui voit les Bastiais partager les points (2-2) avec leurs hôtes. L’entrée en matière est d’autant plus réussie, qu’une semaine plus tard le Sporting domine Strasbourg (2-1) à Furiani.

Cette saison 68-69 restera d’ailleurs comme l’une des plus belles dans l’histoire du club. L’attaque bastiaise ne compte plus Sansonetti dans ses rangs, mais figure quand même en définitive parmi les plus performantes du championnat. Serra (débarqué de Nice) et Mekloufi constituent une paire redoutable. Ils inscrivent à eux deux la moitié des cinquante buts portés cette année-là au crédit du SECB.
Rachid Mekloufi, ce fut le transfert surprise de cette intersaison. Annoncé au Servette de Genève, la vedette algérienne donne finalement son accord à Bastia, fin août. Composée en majeure partie de joueurs corses (Orsatti, Gandolfi, Camadini, Panisi, Vincenti, Vescovali, Papi, Franceschetti, Julliard, Padovani … ), la formation bastiaise bénéficie toujours de l’expérience et du talent intact de ses deux internationaux, Ferrier et Zenier, qui avaient pris une part prépondérante dans la montée en D1. Avec toujours aussi Lucien Jasseron à sa tête, le SECB réalise donc l’un de ses plus beaux parcours à ce niveau en terminant à la sixième place d’un championnat remporté pour la troisième année consécutive par l’A.S. Saint-Etienne.

La saison suivante (69-70) n’est malheureusement pas du même tonneau. Contrairement à la fois d’avant, le SECB rate complètement son départ. Les Bastiais enregistrent quatre sévères défaites (devant Lyon, Bordeaux et Nîmes) pour ne signer qu’une seule victoire (contre Sochaux) durant les cinq premières journées. L’affaire est bien mal engagée, et la nomination de Mekloufi au poste d’entraîneur-joueur n’y change pas grand-chose. Le Sporting termine l’exercice à la dix-septième et avant-dernière place. Le maintien passe désormais par les barrages.

Le SECB va sauver sa tête grâce notamment aux deux larges succès obtenus devant Avignon. Ajaccio, Valenciennes et Reims sont, eux, repêchés afin de porter le championnat à vingt clubs. L’arrivée d’Edmond Delfour en qualité d’entraîneur, charge qu’il partagera un temps avec Mekloufi, marque l’inter-saison 70-71.

Mais cela ne suffit pas à donner un nouvel élan à une équipe bastiaise pas du tout à l’aise à l’extérieur (à peine quatre points de pris), et trop irrégulière à domicile. Cela avant d’aligner sept victoires d’affilée à Furiani en fin de parcours. Un sursaut salvateur, puisqu’au bout du compte le SECB finit dix-septième – la première des places non-relégables – pour la deuxième année consécutive avec la plus mauvaise défense (83 buts encaissés) du championnat.
Entre temps, Jean Vincent avait pris la direction de l’équipe en remplacement de Delfour.

Après Rakic, les dirigeants bastiais recrutent deux autres Yougoslaves, Pantelic et Savkovic à l’orée de la saison 71-72. A ces renforts définitifs s’ajoute la venue de Felix, un attaquant de race. L’équipe est mieux équilibrée et plus performante dans toutes ses lignes où les Corses (Papi, Luccini, Tosi, Franceschetti … ) s’affirment. En cours de saison, jean Vincent passe la main à Pierre Cahuzac.
Celui qui a fait le GFCA va réussir dès ses premiers mois à Bastia.
Le SECB règne en maître sur sa pelouse. Il n’y concède qu’une seule défaite (devant Monaco) pour signer quelques gros scores, comme face à Sochaux (6-1). Ça lui vaut de bien figurer (9ème) à l’heure de la remise des prix, sans compter que cette nouvelle dynamique en championnat va contribuer à en faire un finaliste de la coupe de France !

Sur sa lancée le Sporting va passer la meilleure partie de la saison 72-73 en bonne compagnie. Il finit d’ailleurs et à nouveau l’exercice à la neuvième place, après s’être retiré invaincu à Furiani ! Cette année-là le voit aussi participer à une coupe d’Europe pour la première fois de son histoire.
Après avoir résisté à l’Atletico Madrid à Mezzavia (0-0), le SECB s’incline au retour sur la pelouse du stade Vincente Calderon (2-1), et est donc éliminé dès le premier tour de cette Coupe des Coupes 73.